Le podcast précédent étant une introduction, nous allons aujourd’hui parler de la chronologie des médias et des plateformes de VOD/SVOD. Vous avez probablement déjà entendu parler de la chronologie des médias.
La chronologie des médias, c’est en quelque sorte ce qui représente la durée de vie d’un film. Comme vous pouvez le voir sur le schéma, un film sort dans un premier temps en salle.
Ensuite, vient le tour de l’industrie physique puis au tour de Canal + qui a des droits lui permettant de diffuser les films 10 mois à l’avance par rapport aux chaînes TV gratuites. Puis au bout de 3 ans, c’est au tour des plateformes de VOD/SVOD.
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| Schéma de la durée de vie d'un film |
Avec cette chronologie, on pourrait estimer la durée de vie d’un film d'environ 4 ans. Plutôt pas mal non ? Ah, mais non, l’argent met trop de temps à rentrer, et si on inventait un nouveau système !
En décembre 2018 Canal + signe un contrat avec l’industrie cinématographique afin d’obtenir les droits de diffusion d’un film 6 mois après sa sortie en salle. C’est 2 fois moins de temps qu’auparavant. Cela signifie qu’il reste 2 mois à l’industrie du physique pour exister. De plus, il paraîtrait que Netflix obtiendrait d’ici peux les droits de diffusion seulement 12 mois après les cinémas. Ce qui ferait une avance de 2 ans !
Avec ce nouveau système, Netflix aurait les films 24 mois à l’avance sur ses concurrents. Le plus gros problème dans tout ça, c’est qu'en donnant la main aux consommateurs Netflix, ils demanderont à coup sûr qu’on leur donne le bras. Ils demanderont un système comme aux Etats unis. C'est-à-dire une sortie sur les plateformes VOD/SVOD 4 mois après la sortie en salle. Et compter sur le fait que les autres plateformes vont suivre pour rester dans la course. Et c’est là que vient la question des plateformes de VOD/SVOD américaine.
Pour commencer, quelle différence entre VOD et SVOD ? Tout d’abord, il faut voir ça comme un vidéoclub à domicile. Les plateformes de VOD comme celles de vos opérateurs TV proposent la location d’un film ou d’une série. Tandis que les plateformes de SVOD comme Netflix ou Disney + proposent l'accès au catalogue. Dans les deux cas, le film ne vous appartient pas.
Maintenant, revenons sur un point. Vous savez sûrement que les plateformes de SVOD possèdent des exclusivités qui ne sortiront jamais au cinéma et en très petite quantité physique. Mais pourquoi faire ça ? Et bien déjà pour gagner de l'argent. Si vous voulez voir ce film, souscrivez un abonnement chez nous. Une fois l'abonnement souscrit, le prospect désormais client découvre la plateforme et achète un abonnement pour quelques mois supplémentaires…
Quel problème me direz-vous ? À chacun ses manières de faire de l’argent ! Et bien oui, mais lorsqu’il s’agit de détruire une industrie qui a plus de 120 ans y a de quoi se poser des questions. Et oui, les catalogues des SVOD ne sont pas extensibles, lorsqu’une nouvelle production arrive, on fait de la place. Et les films sortis en exclusivité totale ou quasi sur ses plateformes disparaissent à jamais. Il s’agit ici de détruire l’art et de nuire au support physique qui lui est éternel.
Pour parler de pollution, des études ont démontré que le support dématérialisé pollue annuellement autant que les trajets aériens. Ce qui est énorme par rapport à ce que rejette l’industrie du physique. De plus, un film regardé chez soi sur sa télé et vite oublié par rapport à la vision en salle. La projection en salle est magique. On parle ici de passer un moment convivial, un moment en groupe, un moment de confort sans distraction. Tout ce partage, toute cette magie est littéralement en train de s'effondrer par la faute de ces services.
Alors si vous souhaitez encore avoir la chance de vous asseoir dans des fauteuils rouges accompagnés de vos proches et d’un sachet de pop-corn prêt à partager un moment marquable, battez vous. Il faut se battre pour exister. Il faut se battre pour défendre ses idées. Et il faut se battre pour sauver ce que l’on aime.
Et n’oublions pas qu’avant tout à travers ces 24 images par seconde qui défile, c’est aussi la vision d’un auteur qui est transmise.
- Louis Bayart

Problème complexe et choix saisissant, c'est clair. Quand un modèle économique se transforme, on ne sait jamais très bien comment l'appréhender. Le problème de l'accès éternel au film est effectif. Bon sujet et traitement intéressant. 15.
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